Les techniques alternatives d’assainissement


Assainissement pluvial :

Les Fossés et les Noues :

Une noue est une dépression du sol peu profonde avec un profil présentant des rives à pentes douces accueillant les eaux par canalisation ou par ruissellement et assurant la rétention, l’infiltration, l’écoulement, l’évacuation et/ou des eaux pluviales vers un exutoire (puits, bassin, réseau de collecte).

Lorsqu’elles sont utilisées pour l’infiltration, les noues sont plus appropriées car la surface de contact est plus grande.

Lorsqu’elles sont utilisées pour l’écoulement, une attention particulière devra leur être accordée pour éviter les risques de contamination de la nappe, en gardant un écart minimal de 2 m entre la base de l’ouvrage et le niveau de la nappe souterraine.

La surface de la noue peut être aménagée en espace vert. Les plantes qui peuvent être utilisées sont de type semi-aquatique (massettes, roseaux, iris, etc.). Elles peuvent contribuer à la dégradation des polluants des eaux de ruissellement.

Les Puits d’infiltration :

Le puits d’infiltration est un dispositif de plusieurs mètres de profondeur, voire plusieurs dizaines de mètres, collectant les eaux pluviales soit directement par ruissellement, soit par des drains ou collecteurs.

Le puits d’infiltration n’admet que des eaux déjà prétraitées ou ruisselant sur des surfaces plus ou moins propres (ex : toitures). Il peut être vide ou rempli de matériaux de couche filtrante (galets ou structures alvéolaires).

L’on a recours au puits d’infiltration lorsque la couche superficielle du sol est peu perméable et que la pédologie du sous-sol permet une infiltration satisfaisante. Les conditions suivantes sont à observer :

  • Surface drainée inférieure à 1 ha ;
  • Perméabilité des couches géologiques sous-jacentes comprise entre 10-5 et 10-2 m/s.
  • Distance minimale de 3 m entre la structure et des arbres pour éviter la dégradation de l’ouvrage par le système racinaire et de 5 m avec les bâtiments.

Les Bassins de rétention :

Ce bassin est un ouvrage de stockage des eaux pluviales ruisselant sur des surfaces non perméables (lotissements, zone industrielle, …) afin de protéger les infrastructures en aval. Il peut à ciel ouvert sous forme d’excavations naturelles ou artificielles, avec ou sans digues ou enterré.

Lorsqu’il s’agit de bassin de rétention, le fond du bassin doit être étanchéifier par une géomembrane, du béton ou un enrobé.

La mise en place de ce bassin permet différentes fonctions hydrauliques :

  • Ecrêter des débits de pointe ;
  • Intercepter des eaux pluviales strictes ou des eaux unitaires ;
  • Être alimentés systématiquement, en étant placés à l’exutoire d’un réseau ou n’être alimentés par surverses qu’en cas de saturation du réseau, en étant en dérivation ;
  • Restituer les eaux (à débit contrôlé et après l’averse) vers le réseau principal. Dans ce type de bassins, l’aspect paysager doit être considéré dès la conception du projet. Il peut être confié à des spécialistes qui pourront, en plus de l’aspect esthétique, choisir les espèces qui peuvent être introduites et qui pourront cohabiter. Il pourra aussi prévoir un programme d’entretien qu’il faudra suivre pour que le nouveau milieu “naturel” fonctionne normalement.

Les Bassins enterrés en béton armé :

Les bassins enterrés en béton armé sont adaptés pour la gestion des eaux pluviales des centres urbains et périurbains tels que les lotissements, les parkings ou les voiries.

Les bassins enterrés en béton armé sont des ouvrages pouvant être situés sous espace vert, sous voirie légère ou lourde, selon la structure employée.

Les bassins enterrés sont alimentés par les eaux pluviales d’un réseau de type séparatif.

L’utilisation des pneumatiques usagés entiers :

Il est possible d’utiliser des pneumatiques de voitures ou de poids lourds. Après le terrassement effectué, ils sont empilés manuellement. L’indice de vide peut alors atteindre la valeur intéressante de 0,75 ce qui en fait un matériau performant pour ce type d’utilisation. De plus, il est possible en fonction de l’épaisseur et de la nature des couches de remblai que l’on met en place au-dessus, de faire passer des voies de circulation qui peuvent être empruntées par des camions.

L’utilisation des pneumatiques usagés broyés :

Le principe d’utilisation est le même que pour les éléments entiers, mais lors de la mise en place, les morceaux de 10 cm par 15 cm environ sont versés en vrac dans le terrassement qui a été creusé auparavant.

Il est aussi possible de les placer en dessous d’une voie de circulation. Pour cela il faut compacter le broyat avec un rouleau compresseur par couche afin d’éviter des tassements ultérieurs. Ce problème a moins d’impact lorsqu’il s’agit d’un espace vert, car entre le temps de mise en place du bassin et le moment ou l’aménagement de la zone sera terminé, les éventuels tassements pourront être comblés sans que cela ne crée de problèmes. Dans ce cas, l’indice de vide obtenu après compactage se situe autour de 0,50.

L’utilisation des structures alvéolaires :

On peut utiliser des matériaux à structure alvéolaire qui sont fabriqués spécialement pour être utilisés dans le stockage d’eau.

Cette structure se présente sous la forme de blocs rectangulaires en matière plastique. Les alvéoles ont souvent une forme hexagonale, placées verticalement les unes à côté des autres. L’objectif de ces structures est d’augmenter le coefficient de vide. On peut atteindre la valeur de 0,95.

Le principal inconvénient de cette méthode est le coût des éléments qui est beaucoup plus élevé.

Cependant cette dépense pour les éléments est à comparer au surcoût engendré par le volume de terrassement plus important qu’il faut faire quand on utilise les autres matériaux. Cette méthode peut donc apparaître utile et même parfois obligatoire lorsqu’il faut stocker de grands volumes sur des espaces réduits. Ce système est lui aussi utilisable sous des voies de circulation, il faut simplement respecter les épaisseurs de remblai à apporter pour protéger la structure. 

Assainissement des eaux usées

L’Assainissement sous vide :

Un réseau d’assainissement sous vide est un système de collecte d’eaux usées qui se compose de deux parties ayant des fonctions distinctes :

  • Le tronçon gravitaire traditionnel (2), depuis le domicile de l’usager jusqu’au regard de transfert (1) où est située la valve de transfert.
  • Le réseau étanche en dépression ou “sous vide” (4), depuis le regard de transfert jusqu’à la centrale de vide (5) où sont situées les pompes à vide et les pompes de refoulement.

La dépression existante entre les deux parties crée la force motrice qui assure le transfert rapide des effluents. La transition entre la partie sous vide et la partie gravitaire est assurée par les valves de transfert qui fonctionnent uniquement par le force du vide.

Cette technique est utilisée quand le système gravitaire coute cher ou est impossible à construire :

  • Terrain plat / Villages étendus, zones résidentielles, touristiques, industrielles et commerciales, ports, marinas
  • Nappe phréatique élevée ou Sous-sol rocheux ou sableux
  • Zones écologiquement sensibles ou Zones inondables.

Avantages :

  • Système étanche : pas d’exfiltration, pas d’odeur
  • Pas de trou d’homme ; pas rebut dans les conduites
  • Pas de sédimentation grâce à la vitesse d’écoulement importante ; pas de blocage
  • Système flexible ; facile à adapter aux profiles durant la phase de construction
  • Une seule station de vide, pas de nécessité de station de relevage
  • Pas de connexion électrique en dehors de la station de vide
  • Conduites à faible diamètre (d90 to d250) ; HDPE (SDR11) ou PVC (PN10)
  • Tranchées étroites à faible profondeur (économie des coûts).