Guide de terrassement routier (GTR) : la classification des sols expliquée

Description
Le Guide des terrassements routiers (GTR), publié par le SETRA et le LCPC, est la référence française pour concevoir et réaliser les remblais et les couches de forme. Son point de départ est une classification des sols qui permet de savoir, avant le chantier, si un matériau est réutilisable et dans quelles conditions.
Cette fiche résume la logique de cette classification : quels essais réaliser, comment classer un sol et pourquoi son état hydrique compte autant que sa nature.
Les paramètres d’identification
- Dmax : dimension des plus gros éléments, qui sépare les sols fins des sols à gros éléments (seuil de 50 mm) ;
- Passant à 80 µm : proportion d’éléments fins, seuils de 12 % et 35 % ;
- Valeur de bleu du sol (VBS) : mesure globale de l’argilosité ;
- Indice de plasticité (IP) : utilisé pour les sols fins plus argileux ;
- Paramètres mécaniques (Los Angeles, Micro-Deval, friabilité) pour juger de la tenue des éléments grossiers.
Les grandes classes de sols
| Classe | Type de matériau | Critère principal |
|---|---|---|
| A | Sols fins | Dmax ≤ 50 mm et passant à 80 µm > 35 % |
| B | Sols sableux et graveleux avec fines | Dmax ≤ 50 mm et passant à 80 µm ≤ 35 % |
| C | Sols comportant des fines et des gros éléments | Dmax > 50 mm, fines en quantité notable |
| D | Sols insensibles à l’eau | VBS ≤ 0,1 et passant à 80 µm ≤ 12 % |
| R | Matériaux rocheux | Classés selon la nature de la roche |
| F | Sols organiques et sous-produits industriels | Classés selon leur nature |
Chaque classe est découpée en sous-classes. Pour les sols fins, par exemple, on va des limons peu plastiques (A1) aux argiles très plastiques (A4) selon la VBS ou l’IP : plus le sol est argileux, plus il est sensible à l’eau et difficile à mettre en œuvre.
L’état hydrique : la donnée qui décide de tout
Un même sol peut être excellent ou inutilisable selon sa teneur en eau au moment des travaux. Le GTR distingue cinq états hydriques : très humide (th), humide (h), moyennement humide (m), sec (s) et très sec (ts). On les détermine à partir de la teneur en eau naturelle comparée à celle de l’optimum Proctor normal, de l’indice portant immédiat (IPI) ou de l’indice de consistance.
C’est la combinaison classe + état hydrique (par exemple A2h) qui permet ensuite de lire, dans les tableaux du guide, les conditions de réutilisation en remblai ou en couche de forme.
En pratique sur un projet
- Prélever des échantillons représentatifs lors de l’étude géotechnique ;
- Réaliser l’analyse granulométrique, la VBS ou les limites d’Atterberg ;
- Classer chaque matériau et noter son état hydrique probable selon la saison ;
- En déduire les matériaux réutilisables, ceux à traiter et ceux à mettre en dépôt.
Où se procurer le guide ? Le guide GTR (SETRA-LCPC, 2e édition 2000, fascicules I et II) est un document officiel protégé. Il n’est pas proposé en téléchargement sur ce site : on peut se le procurer auprès du Cerema, qui en assure aujourd’hui la diffusion. Cette fiche en présente les principes pour vous aider à le lire et à l’appliquer.
Pour aller plus loin, consultez notre fiche sur la réalisation des remblais et des couches de forme et nos QCM de routes.
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